Le cintrage et l’Intelligence Artificielle

Il faut avouer que notre procédé de cintrage, s’est toujours passablement démarqué. Les NTIC n’ont pas échappé pas à cette règle et une recherche sur la toile suffit, pour n’y comprendre rien. Pardon, pour un coude en cuivre au chalumeau ou un raccord en acier cintré au sable, c’est la grande bibliothèque universelle. Mais, pour 95% des produits cintrés industriels, de moyenne ou de grande série, issus des milliers d’ateliers de cintrage dispersés à travers le monde, il semblerait que le grand algorithme qui nous gouverne désormais, se soit fourré les doigts dans ses fameuses lunettes.

Ainsi en ce début de XXI ème siècle, l’I.A. elle-même s’y perd, c’est plutôt rassurant. On comprend ces pauvres couches de silicium, ce n’est pas vraiment simple. Comment, embrasser ensemble, une chaise en aluminium, une canule d’échappement en inox, un canalisation en titane pour Ariane V ? Et annoncer en plus, à la face du monde connecté, qu’en gros c’est la même chose, du cintrage à froid par enroulement de produits tubulaires à parois fines …

Une niche ?

Oui, si l’on s’en tient à sa méconnaissance générale, jusqu’aux différents organismes et acteurs influents de notre industrie. Non en fait pas du tout, considérant que ce procédé participe à la production de centaines de milliers de références, que chaque VL en circulation embarque une bonne vingtaine de ces produits cintrés, de la ligne d’échappement, au remplissage du carburant, en passant parfois par les sièges et les divers circuits de fluides.

Et les trains ? C’est pareil ! Les avions ? Aussi ! Les hélicoptères, les fusées, les sous-marin ? Idem ! Tout ce qui vole, roule, flotte, plonge, immerge, est en partie tributaire du cintrage. Ajoutons, en vrac à la Prévert, des chaises, des vélos, des téléphériques, des poignées de salle de bain, des barrières, et encore tant d’autres choses, donnant du sens à notre slogan sur le versant de la page d’accueil.

Du B to B mondialisé

Le mot “cintrage” lui-même ne dit rien, à la grande majorité de la population, mais qui n’en sait pas plus sur l’emboutissage, ayant pourtant servi à former le capot de son VL, la carcasse de sa machine à laver, la structure de son four à micro-ondes. Délaissons donc ici le grand public et toute tentative de vulgarisation dont il se fout probablement éperdument, abordons plutôt le sujet en mode B to B, entre professionnels, forcément aguerris puisque issus de l’industrie de la métallurgie. Pour parler du cintrage, descendons ensemble dans l’Atelier et rejoignons le 5ème sous-sol … Oui, par l’escalier.

Par où commencer ?

Longtemps, était cette question harassante : pour être vraiment clair sur tous les sujets liés au cintrage, dans quel ordre ordonner les chapitres ? Ce tri heurtait nos présentations et la restitution écrite des supports de nos formations. Car, tout dire, sur le cintrage, est relativement facile, c’est juste une affaire de temps long, pour un nombre considérable de choses à citer et donc de pages à écrire. Mais en amont, ordonner les facteurs influents et les prioriser, citer les multiples interactions pour être tout à fait compréhensible, et surtout, s’attacher à transmettre comme on aurait tant voulu au départ que l’on nous transmît, est une toute autre affaire.

Faisant de cette lacune historique universelle originelle, un cas d’école. Nous profitons en effet, juste après la dispense d’un module théorique en salle, du moment de détente d’un temps de pause, pour interroger nos Stagiaires sur leur propre vécu. Quelle a été leur formation initiale au pied de l’équipement de cintrage ? Le premier jour, que leur a-t-on dit ? Que leur a-t-on donné ? Quel a été le principal sujet d’insistance de leur formateur en ces premiers instants, lors de la prise de contact avec un équipement industriel, des outils embarqués, un lot de tubes ? Il s’avère lors de ces échanges, que nous ne nous sommes pas trompés, les réponses sont juste dramatiques, industriellement parlant s’entend. Heureusement, pour ces Intervenants, c’est désormais du passé.